Mais comment se fait-il que mon assiette pollue ? Pourtant j’utilise des contenants réutilisables et jamais de plastique ! En plus, je mange de la viande bio et locale donc je fais déjà beaucoup !

C’est bien là qu’il faut creuser un peu la question : c’est le contenu de l’assiette qu’il est préférable de modifier, pas seulement l’emballage et la provenance.

En effet, la viande rouge est la source de protéines qui émet le plus de CO2 à cause des pratiques liées à l’utilisation des sols et à l’élevage. L’élevage, parlons-en : l’agriculture est la première cause de déforestation dans le monde. En effet il faut de la place pour les animaux mais surtout de la place pour cultiver tout ce qui va nourrir ces derniers (soja par exemple). Dans la situation actuelle il semble plus cohérent de cultiver de quoi nourrir les humains et non des animaux dans des élevages surdimensionnés. Au problème de la déforestation s’ajoutent les émissions de gaz à effet de serre (GES) liées à l’agriculture : le méthane émis par les vaches et l’utilisation de fertilisants par exemple.
Globalement changer son alimentation et réduire la part de viande, fromage et autres protéines animales pour augmenter la part des protéines végétales permet de réduire entre 2 et 3 fois son empreinte carbone liée à l’alimentation selon le régime choisi (végétarien, végétalien). Ce n’est évidemment pas négligeable quand on sait qu’une personne en Suisse a une empreinte carbone d’environ 14 tonnes de CO2eq/an et qu’il faut arriver à 2 tonnes de CO2eq/an en 2050 pour respecter les Accords de Paris sur le climat. Il ne faut toutefois pas oublier les critères « bio », « de saison » ou encore « local » même si leur impact est moindre.

Impact des aliments sur le climat

Au même titre que l’utilisation du vélo, changer son alimentation peut avoir un impact positif sur les écosystèmes, les émissions de GES mais aussi sur notre santé. On parle alors de co-bénéfice santé-environnement, un concept sérieusement recommandé par les professionnel·les de santé qui se mobilisent face au réchauffement climatique. Face aux changements climatiques les habitudes alimentaires doivent changer pour garantir un approvisionnement de qualité au niveau mondial dans le futur : « L’alimentation est le levier le plus puissant pour optimiser la santé humaine et la durabilité environnementale en tandem » selon un rapport de la commission EAT-Lancet. En Suisse par exemple, la consommation moyenne de viande est 3 fois supérieure aux recommandations de la Société suisse de nutrition.

Entreprendre un changement d’habitudes n’est pas chose facile, on se sent parfois seul·e face à la famille, à un conjoint ou à des ami·es peu compréhensifs. Le groupe Alimentation Durable sert aussi à ça : un espace de discussion respectueux pour trouver des pistes de changement individuelles et collectives, chacun·e à son rythme, avec ses convictions personnelles mais avec la même volonté d’agir face au changement climatique.

A l’approche des fêtes de fin d’année et des soupers de boîte, la question se pose à nouveau : peut-on passer un moment convivial et festif autour d’une assiette végétale ? Certainement ! A vous d’agir, c’est l’occasion de proposer à vos convives l’une des recettes végétales de la newsletter !

Alimentation durable – pourquoi faut-il végétaliser son assiette ?

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